Crise de la presse, lecteur en détresse

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6107221_700b_v1Internet, messie tant attendu par la presse a imposé la loi du marketing aux médias qui s’y jettent sans broncher. Au détriment du lecteur.

C’est un long râle, une lente agonie : la presse papier meurt à petit feu. Les kiosques ferment, les plans sociaux frappent, les ventes baissent. Beaucoup de médias espèrent maintenir la tête hors de l’eau en misant sur le numérique. France Soir a plongé la tête la première et n’en reviendra pas, et La Tribune risque de les rejoindre dans les limbes. Les sites d’informations en ligne pataugent encore, sans cap ni brassards, à la recherche du modèle économique viable. Plus que le contenu, on cherche quel sera le meilleur contenant, comment enrober le « produit ». Le marketing a depuis longtemps pris les devants.

Clics. Tant que le lecteur clique. Robotisé, il tombe malgré lui dans la spirale commerciale des médias. Ses clics rapporteront des milliers de vues, et les milliers de vues des annonceurs. C’est la triste réalité économique des journaux numériques de nos jours. Cette dépendance à la pub n’est pas nouvelle, mais le web a désenclavé la création publicitaire. Alors on expérimente, un peu de pub vidéo ici, quelques pops up désagréables mais rentables par là. Tout est bon pour remplir les caisses d’une presse sous assistance respiratoire. Et le récent accord de 60 millions d’euros passé avec Google pourra-t-il changer quelque chose ? Pas sûr.

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Et le lecteur dans tous ça ? Il devient, comme pour une campagne publicitaire, un CSP+, une ménagère, un « moins de 25 ans », ou dans le pire des cas un «troll»… Et malgré cela, il se préoccupe quand même des médias. Selon un récent sondage, plus de la moitié des Français est consciente de la mauvaise santé de la presse, et parmi eux 66% y voient « un risque grave pour la démocratie ». Si ce constat ne doit pas occulter de belles réussites de certains sites, aussi bien sur le fond que la forme (ici, ou encore ), les lecteurs sont trop souvent relégués au second plan. Alors que c’est l’essence même du journalisme en ligne : permettre un échange, un retour de ses lecteurs. Ce que font Mediapart avec son « club », ou Rue89 avec ses « riverains ». Mais la plupart des rédacteurs ne daigne jeter un œil sur les commentaires, par fainéantise ou lassitude. « Un reporter a besoin de répondre aux commentaires. Il doit aussi savoir qui le lit et pourquoi » explique journaliste Lewis Dvorkin, sur le site de Forbes. Un journaliste n’écrit pas pour lui, ni pour les annonceurs, mais bien pour son lecteur.

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Car le plus important n’est-il pas le lecteur justement ? Sans interlocuteur, l’information n’existe pas. On pourra reprocher au manifeste du trimestriel XXI de vanter un journalisme de niche, intemporel, il a au moins raison sur un point : il faut rendre la presse de nouveau « utile, désirable, et nécessaire ». Audrey Pulvar, ex-patronne des Inrocks, a (pour une fois) trouvé les mots justes pour synthétiser la dérive actuelle des médias. Selon elle, nous vivons dans un monde où « le lecteur est de plus en plus traité comme un client, une cible, quand il attend de nous respect, information, échange ».

Bonus : 

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