C’est vraiment pas mal l’Amérique

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Je voulais réunir dans ce post un certain nombres d’informations, de photos, de vidéos et de tweets sur mes trois semaines passées chez l’Oncle Sam. Voici quelques extraits de ce que j’ai entendu, vu, lu à Bloomington, Indianapolis, Elkhart et Chicago (Indiana & Illinois).
« Demandez-vous l’admission aux États-Unis dans l’intention de vous livrer à des activités criminelles ou immorales ? »
Avant d’oser poser le pied sur le territoire de la première puissance mondiale, il faut répondre au questionnaire le plus étonnant qu’il m’ait été donné de voir. Au-delà de cette première question (d’ailleurs, que veut dire « activités immorales » dans ce pays si puritain ou uriner en public est puni par la loi et les baisers sur la bouche souvent mal vus ?), il faut se rappeler que depuis le 11 septembre 2001, les USA ont changé. Patriot Act, espionnages multiples, le pays cultive une paranoïa à la fois effrayante et compréhensible. Pas étonnant donc qu’une fois arrivé à l’aéroport de Chicago O’Hare (après une dizaine d’heure de vol, un changement d’avion et quatre films visionnés), la Border Patrol scanne l’intégralité de mes empreintes digitales afin de s’assurer que je correspond bien au franchouillard fiché grâce à mon passeport biométrique.
Quelques-unes des questions de l'ESTA (Electronic System for Travel Authorization). Je me demande si le temps mis à répondre est calculé pour juger notre franchise.

Quelques-unes des questions de l’ESTA (Electronic System for Travel Authorization). Je me demande si le temps mis à répondre est calculé pour juger notre franchise.

Au-dehors, les restes de la tempête de neige de l’avant veille sont encore là. On m’avait prévenu, je ne suis pas déçu : les températures à Chicago atteindront par moment -20°C et le vent glacial me rappelleront que le Canada n’est pas si loin.
Pas le temps de respirer, l’Amérique me happe : je me retrouve par hasard dans la mecque du chasseur. J’ai rencontré une américaine qui a offert un couteau de chasseur à son copain pour Noël.
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Quelques heures de routes et un Dairy Queen plus tard, Bloomington. Cette ville située au sud d’Indianapolis compte plus de 40 000 étudiants grâce à sa gigantesque université, Indiana University. Le mot « gigantesque » n’est pas exagéré : un campus universitaire hors norme, un musée d’art, une rue entière pour les fraternités et les « sororités », un stade de football américain plus grand que la plupart de nos stades de L1, un journal étudiant quotidien (oui oui), et même une serre botanique, un observatoire astronomique, et un Starbucks.
Tout cela a bien sûr un coût : entre 20 000 et 60 000 dollars par an et par étudiant. Nombreux s’endetteront d’ailleurs sur plusieurs années pour accéder à l’enseignement supérieur. Mais chacun s’assure ainsi un avenir brillant. En tout cas sur le papier, car la pression des final exams est gigantesque. Il faut avoir A-, A ou A+ pour espérer rejoindre par exemple une bonne école de commerce. S’est ainsi mis en place depuis quelques années un trafic d’une drogue d’un nouveau genre : l’Adderall, anti-stress par excellence, produit depuis 1996. Normalement prescrit uniquement sur ordonnance, ce médicament est censé aider à se concentrer et à réduire son angoisse lorsque les partiels arrivent. Mais très vite, certains se sont mis à en racheter aux étudiants qui en avaient pour quelques dollars, et parfois à en prendre quotidiennement. Précision d’importance : l’Adderall est fortement addictif. Peu d’étudiants savent par exemple que la Food and Drug Administration classe l’Adderall dans la même catégorie que la cocaïne et la méthamphétamine. « Je connais un étudiant qui en prenait tous les jours, mais seulement car il ne pouvait pas s’arrêter », m’a-t-on expliquer. Pour plus de détails, voir cet article très bien fait de l’Indiana Daily Student.

Autre point important pendant les études supérieures : assurer sa popularité. Pour cela, les étudiants peuvent rejoindre les fameuses fraternités (ou « sorority » pour les étudiantes). À Bloomington, une rue entière est consacrée à cette tradition bien américaine.

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Pourtant, les fratboys sont de plus en plus mal vus par les autres étudiants : « arrogants » est un qualificatif qui revient souvient. De plus, il faut payer très cher pour y accéder, plusieurs dizaines de milliers de dollars par an. Notons également que la parité est loin d’être une valeur primordiale : alors que les garçons peuvent « inviter » des étudiantes dans leur chambres, les membres des sororités, elles, n’ont pas le droit d’inviter de garçons et doivent conserver cette image de jeune femme modèle, en apparence du moins.
A quelques miles de là, près du stade de football, l’antre des Hoosiers (l’origine du terme fait toujours débat), l’équipe de basket locale. Pour bien comprendre l’importance du sport universitaire et pro aux USA, quelques échos de ce que j’ai pu apprendre là-bas :
-Chaque joueur-étudiant est une véritable star dans sa ville, et même dans son Etat.
-Le staff des équipes universitaires comprend plus d’une trentaine de personnes (sans compter les cheerleaders bien sûr)
-L’année dernière, plusieurs joueurs de l’équipe des Hoosiers ont été sélectionnés pour rejoindre la NBA, le championnat pro national de basket. Les universités sont la réserve à talent de la NBA.
-Chaque match est un véritable événement, le stade est comble, chaque supporter a son maillot de l’équipe, et les matchs sont retransmis sur la chaîne ESPN. Ci-dessous, le stade d’Indianapolis plein pour un tournoi universitaire de basket.
-Le sport universitaire est aussi un business très puissant et très important :
Une des nombreuses boutiques de produits dérivés autour des Hoosiers.
Vous pouvez même acheter des tétines IU.
-Avant chaque match, que ce soit pro ou non, on chante l’hymne national. Tout le monde arrête de croquer dans son tacos, se lève, pose sa bière, et écoute l’hymne. « Plus qu’une fierté, on fait ça surtout pour montrer qu’on est du même pays, au-delà des rivalités pendant les matchs. » Rien à voir donc avec les multiples polémiques franco-française lors des matches de l’équipe de France de football, où les sifflets accompagne parfois La Marseillaise. Il faut savoir aussi que, entre les quarts-temps, des hommages sont rendus à des militaires tout juste rentrés du front.
Le drapeau américain est déployé à chaque hymne, et le public est debout.
-Le reste du temps, pendant les temps morts, ou les mi-temps, il faut maintenir un niveau d’ entertainment décent. Alors on lance des concours avec des membres du public, comme par exemple cette course de bébés lors de la mi-temps du match de basket Bulls VS Raptors le 31 décembre. Des bébés mignons, toujours aussi efficace.
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Instants télé 

Instant politique

Barack Obama. Grand, souriant, blagueur… le Tumblr de la Maison Blanche ne manque pas d’images valorisantes pour son locataire.

Quand je vous dit que les bébés ça marche toujours.

Quand je vous dit que les bébés ça marche toujours.

Et en Europe, le président américain plaît. Pas difficile avec Georges W. Bush comme prédécesseur. Et pourtant, la différence est nette Outre-Atlantique : espoirs déçus, Obamacare, perte de la suprématie au niveau international… un large pan de la société américaine ne reconnaît pas ou plus Obama.

Allez, bonne année quand même Barack.

On the road

(petite parenthèse pour parler nourriture. Aux Etats-Unis, la logique est imparable : on mange quand on a faim. Un restaurant à 16h ou une pancake plus grande que l’assiette à midi sont socialement tout à fait admis.)

Photo cliché non représentative.

Photo cliché non représentative.

Cheesecake Factory à Chicago, où il faut parfois attendre une heure avant d'avoir une table.

Cheesecake Factory à Chicago, où il faut parfois attendre une heure avant d’avoir une table.

Wrap légumes

Wrap légumes

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Bris fondu et confiture de fraise, c'est très bon.

Bris fondu et confiture de fraise, c’est très bon.

Un tour chez Barnes & Nobles

IMG_4503 IMG_4505 IMG_4507 IMG_4492 Je précise que je n’ai relevé que les éléments m’ayant interpellé, qu’on ne trouverait pas forcément en France. Il y a aussi de très belles éditions des oeuvres de Dickens et des intégrales de DC comics et Marvel.

À Shipshewana dans l’Indiana, on entre en territoire Amish. Paris à ses couloirs pour Vélib’, Shipshewana à ses couloirs pour buggys à chevaux sur les bords de route. Il n’est pas rare d’en voir garer devant certains commerces. Les hommes, qui se laissent pousser la barbe une fois mariés, labourent la terre à la charrue, et les femmes vendent tartes et bougies à la cire d’abeille aux touristes.

CHICAGO/CHITOWN

The Bean

The Bean

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Le second plus grand magasin du monde, une dizaine d'étages.

Le second plus grand magasin du monde, une dizaine d’étages.

Attention, anecdote historique : la légende raconte que, le 8 octobre 1871, la vache de Mme O’Leary renversa une lanterne, entraînant un gigantesque incendie dans le centre ville de Chicago. Résultat : des bâtiments ravagés et plus de 90 000 sans abris. Par exemple, le Palmer House Hôtel a pris feu 30 jours à peine après son inauguration.

Le Palmer House Hotel, où Sinatra et les plus grandes vedettes américaines vinrent se produire pendant des années.

Le Palmer House Hotel, où Sinatra et les plus grandes vedettes américaines vinrent se produire pendant des années.

Depuis, l’acier a remplacé le bois. S’il y a une chose qui n’a en revanche pas bougé à Chicago, c’est Michael Jordan. Sur les tee-shirt, dans les boutiques, devant le stade United Center, ou même dans le steakhouse qui porte son nom, l’homme a marqué la ville.

(Sans neige on le distingue bien mieux)

(Sans neige on le distingue bien mieux)

Son maillot a même été retiré, comme pour toutes les stars du basket. Plus aucun joueur ne pourra porter son numéro 23 chez les Bulls.

Son maillot a même été retiré, comme pour toutes les stars du basket. Plus aucun joueur ne pourra porter son numéro 23 chez les Bulls.

Un autre homme a marqué la ville, dans les années 1920 cette fois : Al Capone. Si la ville évite tout document historique sur l’homme, les ruines du mafiosi demeurent dans sa maison dans le South Side ou près de la Holy Name Cathedral, où un caïd qui avait froissé le baron de l’alcool fût sauvagement assassiné.

La ville conserve aujourd’hui encore sa réputations d’hommes politiques corrompus : depuis les années 1970, près de 30 conseillers municipaux on été envoyés en prison.

Bref, c’est vraiment pas mal les Etats-Unis.

PS :

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